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20/10/2008

YALLAH SOEUR EMMANUELLE !!! MERCI D'UN SI BEAU PARCOURS....

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Soeur Emmanuelle nous a quittés

 

Sœur Emmanuelle, qui avait dédié sa vie aux plus pauvres, aux sans-papiers et à ceux qui avaient besoin de soutien ...notamment au Caire, est décédée lundi à l'âge de 99 ans, a indiqué dans un communiqué Trao Nguyen, président d'Asmae-Association Soeur Emmanuelle.

 

Elle était la Sœur déterminée, battante et motivée pour les autres

 

Ce qui lui valu la chanson de Calogero qui lui rendit hommage avec sa chanson « YALLAH »....

 

 

 

Yallah, soeur Emmanuelle

 

L'amie des pauvres et des sans-voix aurait fêté ses 100 ans cette année.

 

 

 

 

 

 

 

christian laporte et jean-claude matgen (article réçent repris dans la presse)

Ce jeudi soir, c'est un peu toute la Belgique qui rendra hommage à Soeur Emmanuelle à un peu moins de neuf mois de son centième anniversaire.

Elle a bien voulu accorder un entretien à "La Libre" par téléphone depuis Callian, dans le Midi de la France, où elle vit désormais parmi des religieuses à la retraite.

A noter que ce sont les Soeurs de Notre-Dame de Sion qui tiennent à préserver la santé de leur plus illustre représentante car la connaissant, elle n'aurait pas refusé de nous recevoir chez elle!

Vous vous approchez lentement mais sûrement de votre centenaire; pour vous, est-ce un cadeau de la Providence d'avoir pu vivre tout ce que vous avez vécu?

Je suis en tout cas comblée de tout ce qui m'a été permis de vivre. Même si les bonheurs terrestres peuvent parfois être des miels amers.

J'en ai fait l'expérience très jeune, à l'âge de six ans, en perdant mon père. Il avait décidé de braver la mer du nord, à Ostende, mais une vague démontée l'avait emmené au loin. Le bonheur était devenu amertume mais la douleur de la mort de mon père a ensuite coloré ma vie.

J'ai découvert les joies simples de la vie et les ai goûtées dans la plénitude de l'instant. Et maintenant c'est le moment de dire: viens à moi, mon Dieu!

Pour moi, le dépouillement a toujours été un enrichissement. Quand on est dépouillé, on va à l'essentiel, c'est-à-dire à l'amour, au Dieu qui est amour.

Et quand on met beaucoup de force dans cet amour et qu'on abandonne le futile, l'accessoire, les détails, la vie devient comme du champagne!

Pour quelqu'un qui a énormément agi sur le terrain et qui est allé à la rencontre de tant de générations, votre retraite n'est-elle pas comme une punition?

Je ne peux plus marcher mais la tête est encore très bonne, hein!

C'est vrai que pendant des décennies, j'ai vécu la relation à Dieu de manière très incarnée puisque j'avais beaucoup de relations avec mes frères et soeurs, chrétiens mais aussi musulmans ou en quête ou non d'une transcendance.

Maintenant que je ne peux plus agir physiquement sur le terrain, je vis plus que jamais avec la prière. Comme je l'ai dit dans un livre récent, la prière est devenue mon job à plein temps.

Une sorte de contact permanent avec le Christ, notamment à travers l'Evangile?

De toute évidence, le Christ est ma source de jouvence et les textes de l'Evangile sont autant de fleuves d'eau vive qui irriguent mon existence.

Là où, jadis, je me levais à cinq heures du matin dans les bidonvilles du Caire pour assister à la messe et recevoir l'eucharistie, je dédie aujourd'hui mes souffrances aux souffrances du Christ. Je suis donc encore plus proche de l'humanité qui souffre et en même temps, je reste un canal de l'amour de Dieu.

Mon grand âge me permet de vivre toujours dans la joie. J'ai envie de dire: Yallah, en avant, parce que dans la vie il faut continuer à s'acharner pour apporter de la joie à autrui, même si je sens que je me dirige vers l'apothéose.

En un siècle de présence terrestre, vous avez vu changer la planète. Quel est votre diagnostic sur son état actuel?

Le monde est incontestablement plus dur que celui d'hier, que celui de mon enfance même si on a connu très vite les affres de deux guerres mondiales.

Mais en même temps, s'il devient de plus en plus difficile de survivre, je constate quand même qu'il y a plus de dialogues entre les hommes, qu'il y a une noria d'organisations non gouvernementales qui n'existaient pas quand j'avais 20 ans.

Puis, il y a aussi, je pense, bien plus de don de soi que de notre temps. Les jeunes s'investissent pour les malades, pour les plus démunis, pour ceux qui sont isolés et solitaires. Je trouve cela vraiment très passionnant. Si j'ai pu y apporter une toute petite pierre, j'en suis comblée de joie...

Vous avez toujours eu de bons contacts avec notre corporation, avec les journalistes...

Oui, parce que je me suis rendu compte que vous aviez un rôle à jouer. Ensemble, il a été possible de déplacer des montagnes...

Il y a une vingtaine d'années, vous avez d'ailleurs mené un projet en commun avec "La Libre Belgique". Cela reste un bon souvenir?

Oui! Car grâce à l'appui de "La Libre Belgique", on avait pu offrir un magnifique terrain et un environnement sportif pour égayer l'existence de la population des bidonvilles.

La collaboration avec l'Université catholique de Louvain avait aussi été un grand moment. Moins pour nous que pour les chiffonniers et pour les scouts qui ont pu y développer bien des actions.

Je puis vous dire que cela continue toujours car je reçois encore régulièrement des nouvelles du Caire et notamment de Soeur Sarah qui m'y a succédé. Une maîtresse femme que celle-là puisqu'elle a encore élargi l'offre scolaire avec des lycées pour les jeunes filles.

Aujourd'hui, les relations entre catholiques et musulmans sont parfois difficiles. Vous avez montré sur le terrain, un terrain parfois difficile, que la coexistence était possible...

Je peux dire que j'ai des milliers d'amis musulmans. Je n'ai jamais eu de problèmes avec eux. Bon, c'est vrai qu'avec certains d'entre eux, nous ne parlions pas de religion mais avec d'autres, il y a eu bien des convergences autour d'une transcendance commune...

On vous souhaite bien entendu de vivre encore des années parmi nous mais vous avez dit que le jour de votre mort serait le plus beau de votre vie...

Mais c'est tout naturel, je me prépare à la grande rencontre avec le Seigneur. En voyant la mort tous les jours un peu plus proche, je pense à l'enfant qui s'apprête à se jeter dans les bras de son père. Ce sera une grande rencontre filiale avec le Seigneur. Une bonne façon de s'y préparer est de réciter le rosaire. Cela me permet d'imaginer tous les mystères de la vie du Christ et aussi ceux de la Vierge Marie tout en étant en liaison par la prière avec les hommes et les femmes que je connais.

Ce jeudi, la Belgique vous rendra un hommage particulier à l'Aula Magna à Louvain-la-Neuve. Que diriez-vous à ces centaines de personnes qui seront présentes?

Que je suis très marquée par cet hommage parce que je sens que cela se fait de manière vraie et naturelle. Ce sont mes vrais amis qui ont pensé à moi et je sais que leur amour vient de Dieu...

 

 

 



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